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La perte d’un parent, même si elle est programmée par la logique des générations est toujours une tragédie, déplace notre être vers une ligne dont il était l’écran, nous laisse un vide dans cet espace qu’il habitait depuis l’origine.

Paul de Brancion perd sa mère, ne trouve pas les mots, pendant longtemps. Puis, enfin quand ils apparaissent, ils sont multiples, puisque c’est dans trois langues, mélangées qu’ils lui viennent : le Français, l’Anglais et le Danois. Dans le titre d’abord, puisque Mor en Danois signifie mère.

Jeg kan ikke fortælle hvordan det gik til. Un beau jour, c’est venu comme ça, la troisième langue du chant des mots. Celle missing in action. The one you always dream of and never meet.

Je ne peux pas vraiment expliquer comment c’est arrivé. Un beau jour, c’est venu comme ça, la troisième langue du chant des mots. Celle morte au champ d’honneur. Celle dont on rêve toujours et qu’on ne rencontre jamais.

Jeu de mots Mor/mort mais aussi Mor/mord/morsure/remords parce que cette mère, elle était dure.

Hun kun give lussinger, en passant, fordi hunvar irriteret. lle donnait des claques sans apprêt.

Elle pouvait donner des claques, en passant, parce qu’elle était très énervée. elle donnait des claques sans apprêt.

Qui était Mor que Paul de Brancion décrit comme d’un être massif et dénué de tendresse ?

Mor var inten weib. Mor var un succédané. Det må være ualmindeligt svært at være Mor’s datter.
I would not be happy to be my mother’s daughter.
Imagine déjà être son fils ? Fils de Mor !

Mor n’était pas une femme. Mor était un succédané. Cela doit être incommensurablement ardu d’être la fille de Mor.
Je ne serais pas heureux d’être la fille de ma mère.
Imagine donc déjà d’être son fils ? Fils de Mor !

Ce livre est un adieu à celle qui fut sa mère. La langue, les langues plutôt, de Paul Brancion nous y entraînent dans ce mélange de colère, de honte, de déception et malgré tout d’amour. Trois langues, et plus d’une centaine de pages, est-il apaisé ?

Never. Never Mor. Never Mor.

Ce magnifique livre chez l’excellent éditeur Bruno Doucey.

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